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08 mai 2005, tract
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RÉFÉRENDUM
CONTRE le traité constitutionnel de Chirac, de Berlusconi et
de leurs semblables,
CONTRE Chirac, son référendum et son gouvernement
:
POUR une Europe des travailleurs et de la jeunesse,
POUR chasser Chirac immédiatement, et
immédiatement imposer un gouvernement des organisations
ouvrières
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Front
unique pour le NON le 29 mai !
De
même que les enseignants, les lycéens se sont
mobilisés pour le retrait de la loi Fillon qui remet en
cause le caractère national de l’enseignement et
des diplômes. Les dirigeants des syndicats enseignants ont
refusé d’organiser, dans
l’unité, la grève et la manifestation
centrale avec les lycéens quand il était encore
temps. Fillon a donc pu faire voter cette loi par la
majorité de députés UMP-UDF. Et
aujourd’hui, Fillon mène campagne pour le vote Oui
au traité constitutionnel.
Le gouvernement de Chirac envoie les CRS contre les lycéens
et conduit devant les tribunaux des dizaines de lycéens (de
même avait-il protégé les «
cogneurs » qui agressaient les manifestations
lycéennes) ; et Chirac défend un
traité qui préserve soigneusement tous les corps
répressifs de l’État.
Les jeunes chercheurs se mobilisent pour le retrait du projet de loi
d’orientation et de programmation de la Recherche et de
l’innovation (LOPRI). Mais depuis des mois, les dirigeants
syndicaux, « négociant » avec le
gouvernement, refusent d’exiger le retrait du projet de
réforme du gouvernement. Ceci permet au gouvernement de
mettre en œuvre sa « réforme »
- création d’une Agence (l’ANR),
restructuration du CNRS - afin d’ assujettir les chercheurs
et la Recherche aux intérêts des
capitalistes… Et en même temps, Chirac, Fillon et
les députés UMP-UDF font campagne pour le Oui au
référendum parce que c’est, au niveau
européen, la même politique au service des
capitalistes.
Le gouvernement fait l’éloge d’un
traité qui interdit en pratique toute législation
sociale en Europe et, en France, il organise lui-même le
chômage et la misère à tous les niveaux
: EDF, depuis 2 ans utilise des sous-traitants portugais dont les
salariés, payés 30% moins chers, travaillent
davantage. Le patron d’EDF, Thierry Breton, est depuis peu
ministre de Chirac… et Chirac fait semblant de protester
contre la directive Bolkestein qui ressortira après le 29
mai! De même, le gouvernement de Chirac développe
les emplois précaires, diminue le nombre des fonctionnaires,
s’attaque à leur statut, accroît la
précarité des chercheurs, privatise EDF
après la Poste… et il voudrait faire ratifier ce
traité.
Chirac, Berlusconi et compagnie
se sont mis d’accord entre eux
pour écrire ce traité : ils ont
désigné leurs experts pour mettre au point le
texte, puis l’ont signé. Et il faudrait approuver ?
Un
traité au service des monopoles capitalistes.
Ce
texte sert les intérêts des monopoles capitalistes
en Europe. Il se dresse contre les acquis sociaux, contre les droits
arrachés par les mobilisations, et en plus, Chirac voudrait
que la jeunesse et les travailleurs plébiscitent sa
politique et approuvent la ratification de ce traité
qui permettra de liquider l’école, les
hôpitaux et les transports publics au nom de « la
concurrence libre et non faussée »
(l’article 1-4 fait de cette concurrence « libre et
non faussée » un objectif majeur)
1. Un texte qui interdira toute législation sociale
protectrice (parce qu’il faudra toujours
l’unanimité sur ces questions. Mais la nouvelle
directive sur le temps de travail prévoit une semaine de
travail maximum de 48 heures…ceci en moyenne
calculée sur un an !)
2. Un texte qui impose la reconnaissance des Églises
(art.1-52-3) et de leur rôle, notamment dans
l’enseignement (art. 2-70 et 74) où jouera
également la concurrence « libre et non
faussée ».
3. Un texte qui reconnaît le « droit à
la vie » (sauf en cas d' émeutes…cf
article sur site de Révoltes)
4. Un texte qui invente le « droit au mariage » -
institution qui existe dans les sociétés les plus
arriérées - mais qui ne reconnaît pas
le droit au divorce, ni le droit à la contraception, ni le
droit à l’avortement.
5. Un texte qui reconnaît le « droit de travailler
»… ou le droit de chercher du travail, mais ne
reconnaît pas le « droit au travail », ce
qui est pourtant fondamental.
Pourquoi
Chirac a choisi le référendum ?
Chirac
pouvait, sans risque faire ratifier son traité par le
Parlement où l’UMP et l’UDF sont
majoritaires. Mais après avoir subi deux lourdes
défaites électorales en mars et juin 2004, il a
choisi le référendum, instrument traditionnel de
la Vème République gaulliste, pour tenter de se
faire plébisciter. Il comptait sur le soutien du Parti
socialiste et il souhaitait diviser PS et PCF avec un simple calcul :
si le PS et le PCF se déchirent, il ne peut y avoir de
gouvernement alternatif.
En mars 2004, les résultats électoraux imposaient
que le PS et le PCF appellent au départ immédiat
de Chirac et se portent candidats au pouvoir. Si tel avait
été le cas, Chirac n’aurait
même pas pu tenter sa manœuvre. Mais à
l’inverse, faute de parti révolutionnaire
impulsant la mobilisation pour chasser Chirac, le PS et le PCF ont
demandé à Chirac d’organiser un
référendum. Ce faisant, ils lui redonnaient une
légitimité. Le 14 juillet 2004, Chirac pouvait
donc annoncer le référendum. Hollande se
prononçait pour le « oui », tandis que
Buffet s’était ralliée au «
non » en mars 2004. Cette division entre les organisations
ouvrières vise à laisser Chirac en place
jusqu’en 2007 au moins.
Une
résistance imprévue.
Ce
qui n’était pas prévu,
c’était la résistance profonde des
travailleurs et de la jeunesse à la politique de Chirac et
à son gouvernement. Ce qui n’était pas
prévu, ce sont les grèves et manifestations
d’enseignants, de fonctionnaires, de travailleurs en janvier,
février, mars et l’importante mobilisation des
lycéens pour le retrait de la loi Fillon. Cette mobilisation
s’est répercutée dans les syndicats.
Elle a nourri une résistance profonde à
l’intérieur du Parti socialiste.
Aujourd’hui, Chirac, le gouvernement et les
défenseurs du « oui »
s’inquiètent d’une possible
défaite.
Rien n’est
gagné : il faut, jusqu’au bout, combattre pour le
Front unique contre Chirac et son gouvernement, contre son
référendum et le traité
constitutionnel.
Assez
de mensonges, assez de soutien à Chirac !
Il
est faux d’affirmer que le traité constitutionnel
serait une « constitution ». Une
véritable constitution définit
l’organisation politique d’un État: or
un État - y compris un État
fédéral -implique l’existence
d’ un appareil d’État unique,
d’une seule armée, d’une police unique.
Dans l’Union européenne, rien de tel. Au
contraire, les différents États, les
différentes armées sont soigneusement
préservés. Il ne peut donc y avoir de
gouvernement commun, de diplomatie commune, etc… Avec le
traité comme avant, l’armée anglaise
continuera d’occuper l’Irak avec
l’armée américaine, tandis que
l’armée française restera en
Côte d'Ivoire pour y préserver les
intérêts de l’impérialisme
français : chaque gouvernement bourgeois continuera
à agir indépendamment de l’UE, en
défense de sa propre bourgeoisie.
Il est faux d’affirmer que ce traité irait vers
l’unification de l’Europe. Plus l’Union
s’élargit, plus elle est divisée. Ainsi
l’euro, utilisé dans douze pays, est
refusé par trois autres ; et les dix derniers
adhérents ne peuvent l’utiliser (certains
n’y arriveront sans doute jamais). Ce traité
maintient la division de l’Europe et interdit toute
unification. Les prérogatives des États demeurent
: les questions militaires et diplomatiques ne peuvent être
décidées qu’à
l’unanimité. Et le traité
empêche même un groupe de pays restreint
d’avancer vers l’unification parce qu’en
préalable, il faut l’accord de tous les autres.
Les capitalismes, les bourgeoisies, sont indissociables des
États dans lesquels ils sont nés. Et ce sont les
grands impérialismes (France, Royaume-Uni, …) qui
ont organisé la division de l’Europe.
La
seule véritable Europe possible : une Europe sans
États bourgeois
C'est-à-dire
une Europe où le capitalisme a été
exproprié, une fédération des
États socialistes d'Europe. Trotsky expliquait
déjà en 1940: « l’unification
économique pour l’Europe est une question de vie
ou de mort. L’accomplissement de cette tâche
appartient toutefois non aux gouvernements actuels mais aux masses
populaires conduites par le prolétariat ».
Aujourd’hui, l’Europe n’est pas
unifiée, le chômage se développe et
l’Union européenne ne sert qu’aux
monopoles pour accroître leur emprise. Pour unifier
l’Europe, il faudra d’abord détruire ces
États bourgeois. Seuls les travailleurs et la jeunesse le
peuvent en constituant de véritables gouvernements ouvriers.
À l’étape actuelle, la
première tache est de mettre en échec le
référendum et le Traité en agissant
pour la victoire du « non », ce qui serait un point
d’appui pour tous les travailleurs en Europe : combattre pour
la réalisation du Front unique contre Chirac,
préparer la mobilisation pour le chasser et imposer aux
vieilles organisations ouvrières (PS et PCF, avec ou sans
leurs dirigeants actuels), qu’ils se portent candidats au
pouvoir, dans l’unité, sans attendre 2007. La
mobilisation des travailleurs et de la jeunesse, par
d’immenses manifestations peut le leur imposer, comme elle
peut imposer le départ de Chirac.
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