Révoltes n°10
|
Premiers éléments pour un bilan
de la mobilisation contre le CPE
| |
Lundi 10 avril au matin, sur
ordre de Chirac, Villepin annonce la réécriture de l’article 8 de la
loi sur l’Égalité des chances abandonnant ainsi le CPE. Le constat pour
le gouvernement de Chirac est clair : « les conditions d’application du
CPE ne sont pas réunies parmi les jeunes ». Cela signifie que la
mobilisation d’ampleur de la jeunesse et des travailleurs a imposé au
gouvernement une défaite politique.
Le 28 mars et encore le 4 avril, ce sont trois millions de manifestants
qui étaient dans la rue. C’est indéniablement une mobilisation des plus
importantes depuis des années, plus forte encore que 2003 sur les
retraites et même que 1995 contre le plan Juppé. On a vu dans les
cortèges des travailleurs des industries (Renault, Peugeot, Bouygues,
Airbus, Total, Alcatel, Rhodia, etc.). Beaucoup d’entreprises privées
ont débrayé. Selon l’Humanité du 27 mars : « la colère des jeunes est
relayée par une angoisse plus profonde qui traverse l’ensemble de la
société. C’est la raison pour laquelle le mouvement s’étend. Les autres
catégories sociales se sentent elles-mêmes menacées. Elles craignent
que le traitement qu’on inflige aux jeunes à travers le CPE ne se
généralise. »
On peut rappeler ce que développait le révolutionnaire russe Léon
Trotsky dans son livre Cours nouveau, en 1923 :
« En disant que la
jeunesse est notre baromètre, nous donnons à ses
manifestations politiques une valeur non pas essentielle, mais
symptomatique. Le baromètre ne crée pas le temps ; il se borne à
l’enregistrer. En politique, le temps se forme dans les profondeurs des
classes et dans les domaines où ces dernières entrent en contact les
unes avec les autres. »
Parce qu’elle subit plus brutalement que les vieilles générations
l’impasse à laquelle la condamne la société capitaliste, la jeunesse
est aux avant-postes de la mobilisation de la classe ouvrière. Ce fut
le cas lors du combat contre la loi Fillon sur l’école en 2005 ; il
faut aussi rappeler l’importance de la mobilisation des « jeunes
chercheurs » au début de l’année 2004.
Stéphane Just, fondateur du Comité pour la construction d’un Parti
ouvrier révolutionnaire, d’une Internationale ouvrière révolutionnaire
expliquait dans son livre Défense du trotskysme :
«La jeunesse est une
couche particulièrement mobile qui possède flamme et enthousiasme. Elle
subit plus brutalement que les vieilles générations les contraintes,
l'impasse, auxquelles la condamnent l'impérialisme la bureaucratie du
Kremlin, les appareils bureaucratiques. Elle n'est pas marquée par les
échecs ou les déformations des vieilles générations de travailleurs et
de militants. Elle est appelée à jouer un rôle de premier plan au cours
des luttes de classe qui s'annoncent. Il lui faut s'organiser et
combattre sur son propre plan. La construction d'organisations
révolutionnaires de la jeunesse dans chaque pays, de l'Internationale
Révolutionnaire de la jeunesse est liée à ces combats et leur donne
leur sens».
La jeunesse n’est pas une classe sociale, mais elle occupe une place
particulière dans la société ; mais elle doit s’organiser
politiquement. C’est la raison pour laquelle Révoltes qui combat pour
la construction d’une Organisation révolutionnaire de la jeunesse (ORJ)
met en exergue la phrase du révolutionnaire allemand Karl Liebknecht «
la jeunesse est la flamme de la révolution prolétarienne ».
Sur quoi s’appuie aujourd’hui le surgissement de la jeunesse ?
Une mobilisation politique
pour exécuter le verdict du 29 mai
Le 29 mai, par le vote NON, les
travailleurs et la jeunesse exprimaient un vote de classe : un vote
contre Chirac, contre la Vème République, contre l’Europe du capital.
Mais l’absence d’unité des organisations ouvrières appelant
conjointement au double NON, non à Chirac et non au traité
constitutionnel a aboutit à ce que l’unité ne se réalise pas non plus
au soir du 29 mai pour chasser Chirac. Le PS en tant qu’organisation
appelait à voter OUI ; des militants et des responsables du PS menaient
campagne pour le NON ; le PCF appelait à voter NON tout en refusant de
mener tout combat, c’est-à-dire principalement en direction du PS, pour
que se réalise le Front unique pour le double NON.
Au soir du 29 mai, il y a eu des rassemblements dans quelques grandes
villes. Ainsi, à Paris, place de la Bastille, à minuit, ils sont 3000
sous la pluie battante, par moments la foule entame l’Internationale ;
des mots d’ordre sont lancés : « Raffarin démission ; Chirac en prison
». A Toulouse, dès 23 H, quelques centaines de personnes réunies place
du Capitole réclament la démission de Chirac. A minuit, ce sont des
milliers de manifestants qui se rassemblent dans la ville. A Lyon,
quelques centaines de manifestants se regroupent place Bellecour. Les
militants de Révoltes diffusent un communiqué dont le titre est le
suivant:
« DEHORS CHIRAC! 10 ANS,
ÇA SUFFIT ! Après la défaite historique de Chirac le 29 mai, la
première exigence: Unité des travailleurs et la jeunesse, avec leurs
organisations pour imposer le départ immédiat de Chirac ! »
Ce qui était à l’ordre du jour au soir du 29 mai c’était de chasser
Chirac sans attendre 2007. Mais les dirigeants des partis ouvriers et
des centrales syndicales ont refusé d’engager la bataille sur cette
perspective. Hollande et Buffet expliquaient qu’il fallait attendre
2007 et Thibault envoyait une lettre à Chirac le 30 mai lui demandant
l’ouverture de négociations. Au moment où Chirac est battu, cette main
tendue lui redonnait une légitimité. Chirac pouvait alors nommer
Villepin en remplacement de Raffarin pour continuer à porter des coups
à la classe ouvrière. Avant que Villepin ne forme son gouvernement,
tous les responsables des organisations ouvrières, partis et syndicats,
ont accepté de rencontrer Villepin; en le légitimant, ils lui
permettaient de faire passer toute sa politique. Chirac et Villepin
font voter à la majorité UMP-UDF l’autorisation de légiférer par
ordonnance. Dans ces ordonnances, il y avait entre autre le CNE.
La mobilisation se
cristallise sur le CPE
A l’automne, la classe ouvrière
cherche à réengager le combat. Mais les dirigeants syndicaux isolent la
grève des marins de la SNCM contre la privatisation de cette entreprise
publique ainsi que celle des traminots de la RTM contre le début de
privatisation de la régie marseillaise. C’est dans ce contexte, que les
salariés de la Fonction publique se saisissent de la journée d’action
du 4 octobre organisée par les appareils syndicaux. La classe ouvrière
et la jeunesse veulent en finir avec toute la politique du gouvernement
qui met en cause les acquis ouvriers, qui permet les licenciements et
qui organise les milliers de suppressions de postes dans la Fonction
publique.
Début janvier, Chirac trace sa nouvelle feuille de route : mettre en
cause le code du travail pour répondre aux vœux de la bourgeoisie
française qui exige la baisse de la valeur de la force de travail.
Le 16 janvier, Villepin annonce la création du CPE. C’est la pointe
avancée de cette offensive contre le code du travail, contre le CDI.
Mais le soir même, les organisations de jeunes, notamment celles liées
au Parti socialiste, UNEF, FIDL, UNL et MJS appellent à combattre le
CPE, à son retrait pur et simple. Les organisations ouvrières ont dû
reprendre à leur compte ce mot d’ordre. La mobilisation de la jeunesse
s’est cristallisée sur le CPE car dès le départ l’unité des
organisations s’est réalisée sur le retrait du CPE.
Mais les directions syndicales ont tout fait pour freiner la
mobilisation : alors qu’il était possible qu’elles appellent à la grève
le 31 janvier lors du début de la discussion à l’Assemblée nationale
(le gouvernement sentant la mobilisation poindre avait avancé la
discussion sur la loi Égalité des chances de 15 jours), les
confédérations ont attendu le début des vacances parisiennes, soit le 7
février pour appeler à la grève. Malgré les vacances et en dépit du
vote du CPE et de toute la loi Égalité des chances, la mobilisation
s’est étendue dans les universités et les lycées. Les responsables
syndicaux ont dû réaliser l’unité pour le retrait du CPE et appeler à
une nouvelle mobilisation le 7 mars. Ce fut un million de jeunes et de
travailleurs qui ont manifesté dans toute la France. L’appel à la grève
générale et à la manifestation centrale à Paris pour le retrait du CPE
sur l’axe de chasser Chirac, son gouvernement et sa majorité était à
l’ordre du jour. Mais les directions ont refusé toute centralisation de
la mobilisation afin de ne pas menacer Chirac et son gouvernement.
Le rôle des coordinations
Les étudiants ont cherché à
mettre en place une véritable coordination des établissements en grève
fonctionnant comme un comité central de grève. Ils ont élaboré un
règlement intérieur (voir en annexe) organisant les débats, les règles
de vote, etc. Cette coordination a repris les revendications des
étudiants : retrait du CPE, du CNE, abrogation de loi Borloo,
rétablissements de tous les postes supprimés aux concours
d’enseignement, lutte contre la précarité, etc.…
Réunie à Rennes le 18 février, la coordination nationale mettait ainsi
en cause toute la politique du gouvernement contre la jeunesse mais
aussi contre les travailleurs. L’appel disait :
« Loin d’être une
attaque isolée, le CPE fait suite à une longue série de contre réformes
mise en place par le gouvernement qui n’a eu de cesse de détruire un
par un nos acquis sociaux (retraites, assurance maladie...), de
développer la précarité, de s’attaquer aux services publics et de
dévaloriser nos diplômes (LMD, Pacte pour la recherche, loi Fillon sur
l’école...). Mais le CPE constitue une attaque sans précédent car il
fait de la jeunesse une main-d’œuvre corvéable et jetable à merci. Les
conditions de vie, de travail et d’études se dégradent de plus en plus.
Face à cette dégradation, qui a conduit à la révolte des banlieues de
novembre dernier, le gouvernement a répondu par une véritable
provocation, la loi dite « pour l’égalité des chances ». Celle-ci vise
à rendre plus violente l’entrée des jeunes dans le marché du travail
(apprentissage dès 14 ans, travail de nuit dès 15 ans, CPE...) et à
rendre docile la jeunesse (renforcement des pouvoirs des polices
municipales, suppression des allocations familiales et stages dans la
police et l’armée pour les jeunes trop « turbulents »). Le CPE fait
suite à la mise en place par décret du CNE en août dernier. Villepin a
promis la remise en cause prochaine du CDI, avant juin. Il est contenu
dans cette loi pour laquelle le gouvernement a tout d’abord décrété
l’urgence, puis utilisé le 49-3, niant ainsi tout débat démocratique
pour tenter de museler une nouvelle fois la jeunesse de ce pays en
passant en force par crainte des mobilisations des jeunes et des
salariés».
La coordination nationale réunie à Poitiers le 11 mars ne parlait que
de faire « plier le gouvernement » ; elle s’adressait aux organisations
syndicales : « nous sollicitons les syndicats pour que le 23 mars soit
une journée de grève interprofessionnelle et de manifestation centrale
à Paris. » Elle expliquait également que c’est « une grève générale des
jeunes et des travailleurs qui est nécessaire pour gagner. » Face au
refus des directions syndicales d’appeler à la grève générale et à la
manifestation centrale à l’Assemblée nationale, la coordination
nationale réunie à Dijon le 19 mars s’adressait de nouveau aux
organisations syndicales:
«La coordination
appelle les directions des organisations syndicales à appeler à la
grève générale jusqu’au retrait de la loi sur l’égalité des chances et
du CNE, et à la construire avec les étudiants et les lycéens en
appelant à des assemblées générales dans les entreprises. Elle appelle
à une manifestation centrale à Paris le jeudi 23 mars vers l’assemblée
nationale. Elle appelle les organisations syndicales à se joindre à
cette manifestation et à aider à la montée à Paris des manifestants de
province».
Mais ce fut une fin de non recevoir des responsables des centrales
syndicales. Pourquoi ? Parce qu’ils savaient qu’en répondant à cet
appel, ce serait la mise à mort de Chirac, de son gouvernement et de
leur majorité.
En même temps qu’elle appelait «la jeunesse, les salariés et leurs
organisations à la grève générale», la coordination nationale
étudiante réunie à Aix-en-Provence les 25 et 26 mars formulait
l’exigence «du départ du gouvernement en même temps qu’il retira son
projet».
La volonté de jeunes de mener le combat pour chasser le gouvernement
s’est ainsi exprimée dans la coordination.
L’appel démasquait également les manœuvres en cours : « le gouvernement
souhaite négocier avec les organisations syndicales, tout en refusant
le retrait du CPE. Il n’est pas question de négocier, notre
mobilisation continuera jusqu’au retrait du CPE, de la loi sur
l’égalité des chances et du Contrat Nouvelle Embauche. » L’appel de
Lille du 2 avril, après l’intervention de Chirac annonçant la
promulgation de la loi, réitéra le fait que Chirac et son gouvernement
devraient « partir en même temps qu’ils retireront leurs attaques ». Il
réitéra également l’appel aux organisations syndicales pour qu’elles
appellent à la grève générale et à la manifestation à Paris à
l’Assemblée nationale. De nouveau, en dépit de délégations aux sièges
des organisations syndicales, malgré l’appel de sections syndicales en
direction de leur confédération pour qu’elles appellent à la grève
générale, les responsables confédéraux refusèrent de centraliser le
combat contre le gouvernement.
La mobilisation de la jeunesse a imposé l’unité de toutes les
organisations sur le mot d’ordre retrait du CPE. Elle a également
imposé à ces organisations qu’aucune négociation n’ait lieu avec le
gouvernement sur le CPE jusqu’au 24 mars.
Cependant, les délégués n’étaient souvent pas clairement mandatés. Et
surtout, les organisations syndicales n’étaient pas représentées en
tant qu’organisations au sein de la coordination. Cela a rendu plus
difficile le contrôle des grévistes sur leur mouvement, ces
organisations n’étant pas liées aux décisions prises par la
coordination. Bruno Julliard, président de l’UNEF a désavoué
publiquement la position de la coordination qui demandait la démission
du gouvernement. Il a clairement dit que « l’UNEF ne voulait pas
imposer une défaite politique au gouvernement ». C’est ce qui explique
que les dirigeants syndicaux aient pu aller discuter avec l’UMP.
La reprise des négociations
:
la trahison des appareils syndicaux pour protéger Chirac
Parce qu’ils ont senti que la
mobilisation se centrait de plus en plus contre Chirac, pour le
chasser, Thibault, Mailly et Chérèque ont pris contact avec Chirac et
Villepin dès le 20 mars afin d’engager des discussions. Le 23 mars, ils
acceptaient de rencontrer Villepin. La mobilisation a interdit aux
organisations de jeunes (UNEF et FIDL en tête) de se joindre à ces
discussions. A partir de ce moment-là, les responsables de la CGT, de
FO, du PS, du PCF et de la LCR en appelèrent à Chirac. Après moult
tractations au sein de la majorité, alors que des dissensions entre
Chirac-Villepin et Sarkozy traversaient le gouvernement – non pas
qu’ils aient des désaccords sur le fond mais plutôt sur la méthode à
employer pour faire passer le CPE – Sarkozy avec l’UMP étaient chargés
par Chirac d’engager des discussions avec les responsables syndicaux.
Le groupe UMP, mené par Accoyer, rencontra un à un, séparément, tous
les responsables syndicaux, y compris étudiantes et lycéennes après la
grande mobilisation de trois millions de manifestants du 4 avril. La
fonction de ces discussions était de faire refluer la mobilisation pour
préserver Chirac et son gouvernement. Chirac fut alors obligé
d’abandonner le CPE pour sauver sa tête. C’est une défaite politique du
gouvernement et de Chirac lui-même.
Mais les responsables syndicaux crient aujourd’hui victoire dans un
communiqué du 10 avril : «Ce succès remporté sur le CPE donnera à tous
la confiance et la dynamique nécessaires pour permettre que les
questions de l'emploi des jeunes, de la formation et de la précarité du
travail trouvent rapidement des réponses, ainsi que les questions
posées par toutes les organisations syndicales concernant le Contrat
Nouvelles Embauches». Autrement dit, ils acceptent de discuter avec le
gouvernement lui reconnaissant une légitimité. Quelle aurait la
véritable victoire ? Que le Front unique de toutes les organisations
ouvrières réalisé, appuyé sur la mobilisation de la jeunesse et des
travailleurs, ait chassé du pouvoir Chirac et sa clique. C’est ce qui
aurait correspondu à l’exigence de la masse des travailleurs et des
jeunes, qui s’est exprimée lors des élections de 2004, lors du
référendum du 29 mai, dans les manifs d’étudiants et de lycéens (« A
bas le gouvernement ! ») et à l’occasion des AG et coordinations
nationales (voir dans le bulletin les appels de Lyon 2 les 28 mars et 4
avril). De la même manière qu’au lendemain du 29 mai, ils ont protégé
Chirac, les dirigeants syndicaux ainsi que ceux du PS et du PCF (de
même que LO, LCR, PT) refusaient de centrer le combat des travailleurs
et des jeunes contre Chirac et son gouvernement, pour le vaincre et le
chasser.
Imposer la rupture des
dirigeants des organisations ouvrières
avec Chirac,
sa majorité, son gouvernement
Aujourd’hui, Hollande au PS
comme Buffet du PCF disent tranquillement que les travailleurs et les
jeunes doivent attendre 2007 pour se débarrasser de Chirac et de son
gouvernement. Or, on l’a vu en Italie, alors que des mobilisations
importantes ont eu lieu il y a trois ans, avec des grèves générales de
24 heures, des manifestations centrales à Rome à trois millions, alors
qu’il était possible de chasser Berlusconi, les dirigeants syndicaux et
partis ouvriers italiens (Democrati di sinistra), Refondation
communiste) ont refusé d’engager le combat sur cet axe. Le résultat des
dernières élections est illustratif pour la classe ouvrière française.
Les partis ouvriers italiens ont refusé de présenter leurs propres
candidats. Ils se sont ralliés à la coalition de « centre gauche » avec
des partis type UDF dirigés par des bourgeois comme Prodi et un
programme dont on a du mal à trouver les différences avec celui de
Berlusconi. Lors de ces élections, les travailleurs n’ont pu exprimer
un vote véritablement de classe même s’ils cherchaient à chasser
Berlusconi du pouvoir.
Attendre 2007 signifie en France que Chirac peut continuer à gouverner.
Villepin annonce aujourd’hui les prochains projets : projet de loi sur
l’immigration, ouverture des universités aux entreprises, renforcement
du dialogue social pour faire passer les réformes. (voir encadré).
La première exigence à adresser aux responsables du PS, du PCF et des
organisations syndicales c’est qu’ils rompent toutes les négociations
avec le gouvernement.
Leur responsabilité politique est de réaliser le Front unique pour
chasser Chirac, Villepin, Sarkozy et leur majorité UMP-UDF.
En l’absence d’organisation révolutionnaire, les travailleurs et les
jeunes se servent des partis ouvriers existants, aussi dégénérés qu’ils
soient, contre les partis bourgeois et leurs représentants. En 2004, la
classe ouvrière a montré qu’une alternative existait : elle a voté aux
élections régionales et cantonales puis européennes pour des listes
présentées par le PS et dans une moindre mesure par le PCF. Cela
signifiait : pour en finir avec Chirac sans attendre 2007, il faut un
gouvernement PS-PCF au pouvoir.
Pour la construction d’une
organisation révolutionnaire de la jeunesse
La puissante mobilisation de la
jeunesse, appuyée par la classe ouvrière contre le gouvernement Chirac
marque un tournant dans la situation politique. Cette mobilisation a
posé ouvertement la question du pouvoir. En attestent les mots d’ordre
scandés par les jeunes scandaient dans la rue, «Chirac, Villepin,
Sarkozy, tous des racailles qu’ils s’en aillent» ou bien quand des AG
adoptaient des positions, comme à Lyon sur la nécessité de chasser
Chirac, son gouvernement, sa majorité. Pour autant, Chirac est resté
car les appareils du mouvement ouvrier lui ont permis de rester au
pouvoir, même sil aujourd’hui il est affaibli.
Le seul avenir que la société capitaliste en crise offre à la jeunesse,
c’est les contrats précaires, les petits boulots, le chômage ; et dans
les pays dominés le travail des enfants, les famines organisées, la
guerre…. On ne peut aménager le capitalisme ; il faut l’abattre et
réorganiser la production en fonction des besoins de masses et non pour
le profit d’une minorité de propriétaires. Il faut pour cela des
organisations révolutionnaires (une Organisation révolutionnaire de la
jeunesse, un Parti ouvrier révolutionnaire) capables d’orienter la
mobilisation des masses sur un objectif politique, celui de la prise du
pouvoir par la classe ouvrière et la jeunesse.
Les jeunes regroupés autour de Révoltes veulent construire cette
organisation révolutionnaire. Ils veulent en finir avec le capitalisme.
Mais pour combattre le capitalisme, il faut aujourd’hui combattre pour
le Front unique pour chasser Chirac.
11 mai 2006