Mise à jour le 5 juin 2009


Révoltes n°10

Premiers éléments pour un bilan
de la mobilisation contre le CPE




Lundi 10 avril au matin, sur ordre de Chirac, Villepin annonce la réécriture de l’article 8 de la loi sur l’Égalité des chances abandonnant ainsi le CPE. Le constat pour le gouvernement de Chirac est clair : « les conditions d’application du CPE ne sont pas réunies parmi les jeunes ». Cela signifie que la mobilisation d’ampleur de la jeunesse et des travailleurs a imposé au gouvernement une défaite politique.

Le 28 mars et encore le 4 avril, ce sont trois millions de manifestants qui étaient dans la rue. C’est indéniablement une mobilisation des plus importantes depuis des années, plus forte encore que 2003 sur les retraites et même que 1995 contre le plan Juppé. On a vu dans les cortèges des travailleurs des industries (Renault, Peugeot, Bouygues, Airbus, Total, Alcatel, Rhodia, etc.). Beaucoup d’entreprises privées ont débrayé. Selon l’Humanité du 27 mars : « la colère des jeunes est relayée par une angoisse plus profonde qui traverse l’ensemble de la société. C’est la raison pour laquelle le mouvement s’étend. Les autres catégories sociales se sentent elles-mêmes menacées. Elles craignent que le traitement qu’on inflige aux jeunes à travers le CPE ne se généralise. »

On peut rappeler ce que développait le révolutionnaire russe Léon Trotsky dans son livre Cours nouveau, en 1923 :

« En disant que la jeunesse est notre baromètre, nous donnons à ses manifestations politiques une valeur non pas essentielle, mais symptomatique. Le baromètre ne crée pas le temps ; il se borne à l’enregistrer. En politique, le temps se forme dans les profondeurs des classes et dans les domaines où ces dernières entrent en contact les unes avec les autres. »

Parce qu’elle subit plus brutalement que les vieilles générations l’impasse à laquelle la condamne la société capitaliste, la jeunesse est aux avant-postes de la mobilisation de la classe ouvrière. Ce fut le cas lors du combat contre la loi Fillon sur l’école en 2005 ; il faut aussi rappeler l’importance de la mobilisation des « jeunes chercheurs » au début de l’année 2004.

Stéphane Just, fondateur du Comité pour la construction d’un Parti ouvrier révolutionnaire, d’une Internationale ouvrière révolutionnaire expliquait dans son livre Défense du trotskysme :

«La jeunesse est une couche particulièrement mobile qui possède flamme et enthousiasme. Elle subit plus brutalement que les vieilles générations les contraintes, l'impasse, auxquelles la condamnent l'impérialisme la bureaucratie du Kremlin, les appareils bureaucratiques. Elle n'est pas marquée par les échecs ou les déformations des vieilles générations de travailleurs et de militants. Elle est appelée à jouer un rôle de premier plan au cours des luttes de classe qui s'annoncent. Il lui faut s'organiser et combattre sur son propre plan. La construction d'organisations révolutionnaires de la jeunesse dans chaque pays, de l'Internationale Révolutionnaire de la jeunesse est liée à ces combats et leur donne leur sens».

La jeunesse n’est pas une classe sociale, mais elle occupe une place particulière dans la société ; mais elle doit s’organiser politiquement. C’est la raison pour laquelle Révoltes qui combat pour la construction d’une Organisation révolutionnaire de la jeunesse (ORJ) met en exergue la phrase du révolutionnaire allemand Karl Liebknecht « la jeunesse est la flamme de la révolution prolétarienne ».

Sur quoi s’appuie aujourd’hui le surgissement de la jeunesse ?


Une mobilisation politique pour exécuter le verdict du 29 mai

Le 29 mai, par le vote NON, les travailleurs et la jeunesse exprimaient un vote de classe : un vote contre Chirac, contre la Vème République, contre l’Europe du capital. Mais l’absence d’unité des organisations ouvrières appelant conjointement au double NON, non à Chirac et non au traité constitutionnel a aboutit à ce que l’unité ne se réalise pas non plus au soir du 29 mai pour chasser Chirac. Le PS en tant qu’organisation appelait à voter OUI ; des militants et des responsables du PS menaient campagne pour le NON ; le PCF appelait à voter NON tout en refusant de mener tout combat, c’est-à-dire principalement en direction du PS, pour que se réalise le Front unique pour le double NON.

Au soir du 29 mai, il y a eu des rassemblements dans quelques grandes villes. Ainsi, à Paris, place de la Bastille, à minuit, ils sont 3000 sous la pluie battante, par moments la foule entame l’Internationale ; des mots d’ordre sont lancés : « Raffarin démission ; Chirac en prison ». A Toulouse, dès 23 H, quelques centaines de personnes réunies place du Capitole réclament la démission de Chirac. A minuit, ce sont des milliers de manifestants qui se rassemblent dans la ville. A Lyon, quelques centaines de manifestants se regroupent place Bellecour. Les militants de Révoltes diffusent un communiqué dont le titre est le suivant:

« DEHORS CHIRAC! 10 ANS, ÇA SUFFIT ! Après la défaite historique de Chirac le 29 mai, la première exigence: Unité des travailleurs et la jeunesse, avec leurs organisations pour imposer le départ immédiat de Chirac ! »

Ce qui était à l’ordre du jour au soir du 29 mai c’était de chasser Chirac sans attendre 2007. Mais les dirigeants des partis ouvriers et des centrales syndicales ont refusé d’engager la bataille sur cette perspective. Hollande et Buffet expliquaient qu’il fallait attendre 2007 et Thibault envoyait une lettre à Chirac le 30 mai lui demandant l’ouverture de négociations. Au moment où Chirac est battu, cette main tendue lui redonnait une légitimité. Chirac pouvait alors nommer Villepin en remplacement de Raffarin pour continuer à porter des coups à la classe ouvrière. Avant que Villepin ne forme son gouvernement, tous les responsables des organisations ouvrières, partis et syndicats, ont accepté de rencontrer Villepin; en le légitimant, ils lui permettaient de faire passer toute sa politique. Chirac et Villepin font voter à la majorité UMP-UDF l’autorisation de légiférer par ordonnance. Dans ces ordonnances, il y avait entre autre le CNE.


La mobilisation se cristallise sur le CPE

A l’automne, la classe ouvrière cherche à réengager le combat. Mais les dirigeants syndicaux isolent la grève des marins de la SNCM contre la privatisation de cette entreprise publique ainsi que celle des traminots de la RTM contre le début de privatisation de la régie marseillaise. C’est dans ce contexte, que les salariés de la Fonction publique se saisissent de la journée d’action du 4 octobre organisée par les appareils syndicaux. La classe ouvrière et la jeunesse veulent en finir avec toute la politique du gouvernement qui met en cause les acquis ouvriers, qui permet les licenciements et qui organise les milliers de suppressions de postes dans la Fonction publique.

Début janvier, Chirac trace sa nouvelle feuille de route : mettre en cause le code du travail pour répondre aux vœux de la bourgeoisie française qui exige la baisse de la valeur de la force de travail.

Le 16 janvier, Villepin annonce la création du CPE. C’est la pointe avancée de cette offensive contre le code du travail, contre le CDI.

Mais le soir même, les organisations de jeunes, notamment celles liées au Parti socialiste, UNEF, FIDL, UNL et MJS appellent à combattre le CPE, à son retrait pur et simple. Les organisations ouvrières ont dû reprendre à leur compte ce mot d’ordre. La mobilisation de la jeunesse s’est cristallisée sur le CPE car dès le départ l’unité des organisations s’est réalisée sur le retrait du CPE.

Mais les directions syndicales ont tout fait pour freiner la mobilisation : alors qu’il était possible qu’elles appellent à la grève le 31 janvier lors du début de la discussion à l’Assemblée nationale (le gouvernement sentant la mobilisation poindre avait avancé la discussion sur la loi Égalité des chances de 15 jours), les confédérations ont attendu le début des vacances parisiennes, soit le 7 février pour appeler à la grève. Malgré les vacances et en dépit du vote du CPE et de toute la loi Égalité des chances, la mobilisation s’est étendue dans les universités et les lycées. Les responsables syndicaux ont dû réaliser l’unité pour le retrait du CPE et appeler à une nouvelle mobilisation le 7 mars. Ce fut un million de jeunes et de travailleurs qui ont manifesté dans toute la France. L’appel à la grève générale et à la manifestation centrale à Paris pour le retrait du CPE sur l’axe de chasser Chirac, son gouvernement et sa majorité était à l’ordre du jour. Mais les directions ont refusé toute centralisation de la mobilisation afin de ne pas menacer Chirac et son gouvernement.


Le rôle des coordinations

Les étudiants ont cherché à mettre en place une véritable coordination des établissements en grève fonctionnant comme un comité central de grève. Ils ont élaboré un règlement intérieur (voir en annexe) organisant les débats, les règles de vote, etc. Cette coordination a repris les revendications des étudiants : retrait du CPE, du CNE, abrogation de loi Borloo, rétablissements de tous les postes supprimés aux concours d’enseignement, lutte contre la précarité, etc.…

Réunie à Rennes le 18 février, la coordination nationale mettait ainsi en cause toute la politique du gouvernement contre la jeunesse mais aussi contre les travailleurs. L’appel disait :

« Loin d’être une attaque isolée, le CPE fait suite à une longue série de contre réformes mise en place par le gouvernement qui n’a eu de cesse de détruire un par un nos acquis sociaux (retraites, assurance maladie...), de développer la précarité, de s’attaquer aux services publics et de dévaloriser nos diplômes (LMD, Pacte pour la recherche, loi Fillon sur l’école...). Mais le CPE constitue une attaque sans précédent car il fait de la jeunesse une main-d’œuvre corvéable et jetable à merci. Les conditions de vie, de travail et d’études se dégradent de plus en plus. Face à cette dégradation, qui a conduit à la révolte des banlieues de novembre dernier, le gouvernement a répondu par une véritable provocation, la loi dite « pour l’égalité des chances ». Celle-ci vise à rendre plus violente l’entrée des jeunes dans le marché du travail (apprentissage dès 14 ans, travail de nuit dès 15 ans, CPE...) et à rendre docile la jeunesse (renforcement des pouvoirs des polices municipales, suppression des allocations familiales et stages dans la police et l’armée pour les jeunes trop « turbulents »). Le CPE fait suite à la mise en place par décret du CNE en août dernier. Villepin a promis la remise en cause prochaine du CDI, avant juin. Il est contenu dans cette loi pour laquelle le gouvernement a tout d’abord décrété l’urgence, puis utilisé le 49-3, niant ainsi tout débat démocratique pour tenter de museler une nouvelle fois la jeunesse de ce pays en passant en force par crainte des mobilisations des jeunes et des salariés».

La coordination nationale réunie à Poitiers le 11 mars ne parlait que de faire « plier le gouvernement » ; elle s’adressait aux organisations syndicales : « nous sollicitons les syndicats pour que le 23 mars soit une journée de grève interprofessionnelle et de manifestation centrale à Paris. » Elle expliquait également que c’est « une grève générale des jeunes et des travailleurs qui est nécessaire pour gagner. » Face au refus des directions syndicales d’appeler à la grève générale et à la manifestation centrale à l’Assemblée nationale, la coordination nationale réunie à Dijon le 19 mars s’adressait de nouveau aux organisations syndicales:

«La coordination appelle les directions des organisations syndicales à appeler à la grève générale jusqu’au retrait de la loi sur l’égalité des chances et du CNE, et à la construire avec les étudiants et les lycéens en appelant à des assemblées générales dans les entreprises. Elle appelle à une manifestation centrale à Paris le jeudi 23 mars vers l’assemblée nationale. Elle appelle les organisations syndicales à se joindre à cette manifestation et à aider à la montée à Paris des manifestants de province».

Mais ce fut une fin de non recevoir des responsables des centrales syndicales. Pourquoi ? Parce qu’ils savaient qu’en répondant à cet appel, ce serait la mise à mort de Chirac, de son gouvernement et de leur majorité.

En même temps qu’elle appelait «la jeunesse, les salariés et leurs organisations à la grève générale», la coordination nationale étudiante réunie à Aix-en-Provence les 25 et 26 mars formulait l’exigence «du départ du gouvernement en même temps qu’il retira son projet».

La volonté de jeunes de mener le combat pour chasser le gouvernement s’est ainsi exprimée dans la coordination.

L’appel démasquait également les manœuvres en cours : « le gouvernement souhaite négocier avec les organisations syndicales, tout en refusant le retrait du CPE. Il n’est pas question de négocier, notre mobilisation continuera jusqu’au retrait du CPE, de la loi sur l’égalité des chances et du Contrat Nouvelle Embauche. » L’appel de Lille du 2 avril, après l’intervention de Chirac annonçant la promulgation de la loi, réitéra le fait que Chirac et son gouvernement devraient « partir en même temps qu’ils retireront leurs attaques ». Il réitéra également l’appel aux organisations syndicales pour qu’elles appellent à la grève générale et à la manifestation à Paris à l’Assemblée nationale. De nouveau, en dépit de délégations aux sièges des organisations syndicales, malgré l’appel de sections syndicales en direction de leur confédération pour qu’elles appellent à la grève générale, les responsables confédéraux refusèrent de centraliser le combat contre le gouvernement.

La mobilisation de la jeunesse a imposé l’unité de toutes les organisations sur le mot d’ordre retrait du CPE. Elle a également imposé à ces organisations qu’aucune négociation n’ait lieu avec le gouvernement sur le CPE jusqu’au 24 mars.

Cependant, les délégués n’étaient souvent pas clairement mandatés. Et surtout, les organisations syndicales n’étaient pas représentées en tant qu’organisations au sein de la coordination. Cela a rendu plus difficile le contrôle des grévistes sur leur mouvement, ces organisations n’étant pas liées aux décisions prises par la coordination. Bruno Julliard, président de l’UNEF a désavoué publiquement la position de la coordination qui demandait la démission du gouvernement. Il a clairement dit que « l’UNEF ne voulait pas imposer une défaite politique au gouvernement ». C’est ce qui explique que les dirigeants syndicaux aient pu aller discuter avec l’UMP.


La reprise des négociations :
la trahison des appareils syndicaux pour protéger Chirac

Parce qu’ils ont senti que la mobilisation se centrait de plus en plus contre Chirac, pour le chasser, Thibault, Mailly et Chérèque ont pris contact avec Chirac et Villepin dès le 20 mars afin d’engager des discussions. Le 23 mars, ils acceptaient de rencontrer Villepin. La mobilisation a interdit aux organisations de jeunes (UNEF et FIDL en tête) de se joindre à ces discussions. A partir de ce moment-là, les responsables de la CGT, de FO, du PS, du PCF et de la LCR en appelèrent à Chirac. Après moult tractations au sein de la majorité, alors que des dissensions entre Chirac-Villepin et Sarkozy traversaient le gouvernement – non pas qu’ils aient des désaccords sur le fond mais plutôt sur la méthode à employer pour faire passer le CPE – Sarkozy avec l’UMP étaient chargés par Chirac d’engager des discussions avec les responsables syndicaux. Le groupe UMP, mené par Accoyer, rencontra un à un, séparément, tous les responsables syndicaux, y compris étudiantes et lycéennes après la grande mobilisation de trois millions de manifestants du 4 avril. La fonction de ces discussions était de faire refluer la mobilisation pour préserver Chirac et son gouvernement. Chirac fut alors obligé d’abandonner le CPE pour sauver sa tête. C’est une défaite politique du gouvernement et de Chirac lui-même.

Mais les responsables syndicaux crient aujourd’hui victoire dans un communiqué du 10 avril : «Ce succès remporté sur le CPE donnera à tous la confiance et la dynamique nécessaires pour permettre que les questions de l'emploi des jeunes, de la formation et de la précarité du travail trouvent rapidement des réponses, ainsi que les questions posées par toutes les organisations syndicales concernant le Contrat Nouvelles Embauches». Autrement dit, ils acceptent de discuter avec le gouvernement lui reconnaissant une légitimité. Quelle aurait la véritable victoire ? Que le Front unique de toutes les organisations ouvrières réalisé, appuyé sur la mobilisation de la jeunesse et des travailleurs, ait chassé du pouvoir Chirac et sa clique. C’est ce qui aurait correspondu à l’exigence de la masse des travailleurs et des jeunes, qui s’est exprimée lors des élections de 2004, lors du référendum du 29 mai, dans les manifs d’étudiants et de lycéens (« A bas le gouvernement ! ») et à l’occasion des AG et coordinations nationales (voir dans le bulletin les appels de Lyon 2 les 28 mars et 4 avril). De la même manière qu’au lendemain du 29 mai, ils ont protégé Chirac, les dirigeants syndicaux ainsi que ceux du PS et du PCF (de même que LO, LCR, PT) refusaient de centrer le combat des travailleurs et des jeunes contre Chirac et son gouvernement, pour le vaincre et le chasser.


Imposer la rupture des dirigeants des organisations ouvrières
avec Chirac, sa majorité, son gouvernement

Aujourd’hui, Hollande au PS comme Buffet du PCF disent tranquillement que les travailleurs et les jeunes doivent attendre 2007 pour se débarrasser de Chirac et de son gouvernement. Or, on l’a vu en Italie, alors que des mobilisations importantes ont eu lieu il y a trois ans, avec des grèves générales de 24 heures, des manifestations centrales à Rome à trois millions, alors qu’il était possible de chasser Berlusconi, les dirigeants syndicaux et partis ouvriers italiens (Democrati di sinistra), Refondation communiste) ont refusé d’engager le combat sur cet axe. Le résultat des dernières élections est illustratif pour la classe ouvrière française. Les partis ouvriers italiens ont refusé de présenter leurs propres candidats. Ils se sont ralliés à la coalition de « centre gauche » avec des partis type UDF dirigés par des bourgeois comme Prodi et un programme dont on a du mal à trouver les différences avec celui de Berlusconi. Lors de ces élections, les travailleurs n’ont pu exprimer un vote véritablement de classe même s’ils cherchaient à chasser Berlusconi du pouvoir.

Attendre 2007 signifie en France que Chirac peut continuer à gouverner. Villepin annonce aujourd’hui les prochains projets : projet de loi sur l’immigration, ouverture des universités aux entreprises, renforcement du dialogue social pour faire passer les réformes.  (voir encadré).

La première exigence à adresser aux responsables du PS, du PCF et des organisations syndicales c’est qu’ils rompent toutes les négociations avec le gouvernement.

Leur responsabilité politique est de réaliser le Front unique pour chasser Chirac, Villepin, Sarkozy et leur majorité UMP-UDF.

En l’absence d’organisation révolutionnaire, les travailleurs et les jeunes se servent des partis ouvriers existants, aussi dégénérés qu’ils soient, contre les partis bourgeois et leurs représentants. En 2004, la classe ouvrière a montré qu’une alternative existait : elle a voté aux élections régionales et cantonales puis européennes pour des listes présentées par le PS et dans une moindre mesure par le PCF. Cela signifiait : pour en finir avec Chirac sans attendre 2007, il faut un gouvernement PS-PCF au pouvoir.


Pour la construction d’une organisation révolutionnaire de la jeunesse

La puissante mobilisation de la jeunesse, appuyée par la classe ouvrière contre le gouvernement Chirac marque un tournant dans la situation politique. Cette mobilisation a posé ouvertement la question du pouvoir. En attestent les mots d’ordre scandés par les jeunes scandaient dans la rue, «Chirac, Villepin, Sarkozy, tous des racailles qu’ils s’en aillent» ou bien quand des AG adoptaient des positions, comme à Lyon sur la nécessité de chasser Chirac, son gouvernement, sa majorité. Pour autant, Chirac est resté car les appareils du mouvement ouvrier lui ont permis de rester au pouvoir, même sil aujourd’hui il est affaibli.

Le seul avenir que la société capitaliste en crise offre à la jeunesse, c’est les contrats précaires, les petits boulots, le chômage ; et dans les pays dominés le travail des enfants, les famines organisées, la guerre…. On ne peut aménager le capitalisme ; il faut l’abattre et réorganiser la production en fonction des besoins de masses et non pour le profit d’une minorité de propriétaires. Il faut pour cela des organisations révolutionnaires (une Organisation révolutionnaire de la jeunesse, un Parti ouvrier révolutionnaire) capables d’orienter la mobilisation des masses sur un objectif politique, celui de la prise du pouvoir par la classe ouvrière et la jeunesse.

Les jeunes regroupés autour de Révoltes veulent construire cette organisation révolutionnaire. Ils veulent en finir avec le capitalisme. Mais pour combattre le capitalisme, il faut aujourd’hui combattre pour le Front unique pour chasser Chirac.

11 mai 2006

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