Révoltes n°10
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Retrait immédiat de tous les soldats français du Tchad!
Front unique contre l'intervention impérialiste française!
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Jeudi 13 avril, de violents combats se déroulent au cœur de N’Djamena, la capitale tchadienne, opposant les forces gouvernementales d’Idriss Déby à des «colonnes rebelles» venues du sud du pays : quelques centaines de jeunes, des «néophytes piteusement équipés» selon l’Express, qui n’avaient engagé que «le tiers de leur pick-up». En quelques heures, les «rebelles» sont balayés ; le bilan officiel dénombre 400 morts, dont 370 rebelles, 250 prisonniers. «Ce qui s’est passé jeudi matin tient de la boucherie», précise des observateurs cités par Le Monde, qui ajoute que «les deux hôpitaux» de la ville «étaient saturés, la morgue débordée».
Dans ce nouveau massacre, l’armée française a joué un rôle déterminant. Depuis 1986, suite au conflit entre le Tchad et la Libye, plus de 1.200 soldats français, une demi-douzaine de Mirages et quelques hélicoptères (le dispositif « Épervier) sont stationnés en permanence au Tchad. Vingt ans après, ils y sont restés. La base aérienne française au Tchad joue en effet un rôle stratégique.
Le gouvernement français prétend qu’il n’y a pas eu d’intervention militaire directe ; mais son appui logistique est évident : transport de troupes, de matériel militaire… «Les missions de renseignement et d’appui ont joué un rôle décisif» explique Le Monde, «l’armée tchadienne a été informée heure par heure de l’avancée des colonnes rebelles survolées par les Mirage français». Elle laisse l’armée tchadienne faire le sale boulot : «Nous avons informé les Tchadiens ; ils se sont débrouillés» explique un capitaine de parachutistes de l’armée française.
Un régime acculé
D’après le porte-parole du ministère de la Défense, Jean-François Bureau, un Mirage a bien effectué un «tir de semonce», mercredi, mais c’était un «signal politique» aux belligérants «destiné à parfaitement manifester notre volonté de garantir la protection de nos ressortissants».
Mais c’est moins le millier de ressortissants français que le régime Déby que Chirac entend protéger. Déby – qui fut encore reçu par Chirac et le MEDEF à l’Elysée en 2003 – n’est pas seulement un dictateur à l’origine de nombreux pillages et massacres contre la population, il est aussi un appui majeur de l’impérialisme français – une position clé au cœur de l’Afrique. Mais un appui menacé : fin mars, les «rebelles» avaient engagé des combats dans le sud du pays qui s’étaient soldés par l’occupation de plusieurs villes, la déroute de forces gouvernementales et la mort de deux membres de l’état-major de l’armée tchadienne – par ailleurs membres de la famille de Déby.
Front Unique contre toute intervention militaire au Tchad!
Les masses et la jeunesse tchadiennes réclament en effet la fin du régime Déby, régime corrompu qui organise la répression violente contre les masses tchadiennes, les massacres. Elles savent qu’elles ne peuvent rien attendre des élections prévues le 3 mai 2006. Pour se maintenir au pouvoir, Déby a, l’an dernier, avec le soutien de représentants du gouvernement français, fait modifier la Constitution pour pouvoir se représenter à sa propre succession. Déjà, en 1996 et en 2001, c’est avec le soutien de l’impérialisme français qu’Idriss Déby avait pu organiser les élections : ces élections grossièrement truquées avaient été validées par les différents impérialismes et en premier lieu par la France, comme ils ont validé l’an dernier les élections truquées au Togo.
Face à cette politique colonialiste menée par Chirac au Tchad comme en Côte-d’Ivoire, au Togo et dans l’ensemble de l’Afrique, il faut exiger:
Assez d’intervention impérialiste !
Retrait sans condition, retrait total, immédiat de toutes les troupes françaises, de tous les avions français du Tchad et d’Afrique !
C’est la responsabilité des organisations ouvrières (du PS, du PCF, de la CGT, de FO, de la FSU et de l’UNEF) de réaliser le front unique contre Chirac pour imposer l'arrêt de toute intervention impérialiste au Tchad, le retrait immédiat des troupes françaises !
18 avril 2006