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mai 2008, bulletin n°14
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Afrique
Tchad/Darfour : à bas l'intervention de l'EUFOR!
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Le 17 septembre 2007, l'ONU approuve la constitution d'une intervention militaire et au Tchad (et en Centrafrique), dans les régions frontalières du Soudan, afin d'assurer la « stabilité » de cette région et la protection de centaines de milliers de réfugiés de la guerre du Darfour (voir encadré) situés au Tchad. Fin février, l'EUFOR, la force opérationnelle européenne, commence à déployer les premiers soldats prévus. Mais il s'agit pour l'essentiel d'une force sous contrôle français : sur 3.700 soldats prévus, 2.100 seront français, et ce alors que l'armée française, présente depuis plus de 20 ans au Tchad, vient de sauver à deux reprises, en 2006 et début 2008, la peau du dictateur tchadien Idriss Deby Itno.
S'agit-il vraiment d'intervenir en faveur des réfugiés du Darfour ? Pourquoi les autres grands pays européens n'ont-ils pas envoyé de troupes ? Quels sont, une nouvelle fois, les objectifs réels de l'impérialisme français dans la région ?
Le Tchad : un État artificiel
L'Etat tchadien, un immense pays d'un 1,2 millions de km 2 (un peu plus de deux fois la France), a été créé de toutes pièces par le colonialisme européen, résultant de négociations entres les impérialismes français, anglais et allemands, en 1900. Au nord comme au sud, la frontière artificiellement tracée de ce pays de 10 millions d'habitants, a réduit les aires traditionnelles des nomades et divisé de part et d'autres certains peuples, qui se sont retrouvés à cheval sur plusieurs États …
S'il n'a cessé d'être stratégique pour l'impérialisme français, ce n'est pas pour ses richesses naturelles, particulièrement réduites. Dans cette région majoritairement sahélienne, fréquemment affectée par des sécheresses, l'agriculture est faiblement productive ; le pays est particulièrement enclavé (à plus de mille kilomètres de la mer), sans infrastructure adéquate pour y accéder, et ne dispose d'aucune richesse minière à l'exception d'un modeste champ pétrolier (voir encadré). La puissance coloniale française n'a donc jamais véritablement investi dans cette colonie, à la différence de régions au potentiel plus élevé (Sénégal, Côte-d'Ivoire ou Congo-Brazzaville).
Le seul intérêt pour la France réside dans sa situation stratégique, à la charnière des deux ensembles d'États issus de l'ex Empire (AOF et AEF), la plus à l'Est de ses positions, en contact avec la Libye, le Soudan, l'Egypte, mais aussi une position clé dans le secteur du Lac Tchad vers le Nigeria, autant de pays dans lesquels l'impérialisme français a toujours rêvé étendre son influence.
Le pétrole tchadien : un intérêt modeste pour l'impérialisme
Les gisements pétroliers situés dans le sud du pays, découverts dans les années 60, constitue la seule richesse minière du pays. Avec des réserves estimées à 900 millions de barils, ce champ ne représente pourtant qu'à peine 1,5% des réserves pétrolières d'Afrique Subsaharienne, et même pas 0,1% des réserves mondiales. Son enclavement à l'intérieur du continent a nécessité de construire un immense oléoduc de 1.000 km à travers le Cameroun et le Tchad, afin de pouvoir l'exporter. Les investissements nécessaires (plus de 3 milliards de dollars) ont dissuadé pendant 30 ans les majors pétrolières de l'exploiter, en raison d'une très faible rentabilité.
C'est finalement la Banque Mondiale qui va apporter les fonds nécessaires, pour le compte des trusts impérialistes, les américaines Exxon, Chevron et la malaisienne Petronas. La française Total, un temps impliqué dans le projet, a jeté l'éponge, de même que Shell, en raison de la faible rentabilité du projet. Les trusts français, Bouygues en tête, ont cependant largement profité de la présence historique de l'impérialisme français : ils se sont accaparés la partie la plus rentable, la construction de l'oléoduc, des équipements pétroliers et des diverses infrastructures.
Si le pétrole est vital pour le gouvernement du Tchad, dont les recettes ont doublé (provisoirement : au rythme actuel, sans nouvelles découvertes, le champ sera épuisé dans 15 ans), il n'a donc pas un intérêt déterminant pour les impérialismes. La présence française au Tchad, d'ordre politique et militaire avant d'être économique, vise surtout à faire régner l'ordre impérialiste dans le pays et dans toute la région.
Des gouvernements « tchadiens » sans pouvoir
Depuis l'époque coloniale, la présence française a toujours été déterminante ; c'est elle qui fonde la future capitale, N'Djamena. En 1960, c'est de Gaulle qui dirige le cadre des négociations sur les « indépendances » de ses colonies africaines, dont le Tchad, en se gardant une large place.
Pour les peuples du Tchad, toute la période qui suivra sera une suite continue de guerres et de dictatures. Les différents gouvernements tchadiens n'ont aucune marge de manœuvre : pris en étau dans le système capitaliste, qui leur interdit tout développement indépendant des grandes puissances impérialistes, France en tête, les gouvernements ne peuvent gérer que des miettes. Leur mandat, du point de vue impérialiste, c'est de maintenir la stabilité politique du pays, afin d'éviter toute mobilisation des masses, et l'intérêt éventuel de leurs trusts à travers un accès privilégié aux ressources naturelles et aux marchés publics du BTP, de l'armement. Pour assurer leur pouvoir, ces « gouvernements » doivent le plus souvent mettre en place un système clientéliste privilégiant les membres des peuples dominants, en leur allouant l'essentiel de ses ressources (en particulier des places privilégiées dans l'armée, l'administration ou les entreprises publiques). La base politique et la base « clanique » se confondent alors.
Dans les cas du Gabon ou de la Côte-d'Ivoire, l'étendue de la rente pétrolière ou agricole, ainsi qu'une plus grande homogénéité ethnique, a longtemps été suffisante pour mettre en place des systèmes clientélistes complexes et bien alimentés, qui réussissaient à assurer un minimum de stabilité politique sans léser pour autant les intérêts français.
Dans tous les cas, on a affaire à des bourgeoisies compradores : ce sont des bourgeoisies très faibles qui n'ont comme fonction que de relayer le pillage du pays par l'impérialisme en prélevant au passage, des miettes issues de la rente. Au Tchad, la faiblesse des ressources et la très forte hétérogénéité ethnique ont rendu, dès l'indépendance ce système totalement inopérant. L'impérialisme français s'est d'abord appuyé sur des dirigeants issus du sud du pays, dans la partie la plus fertile, la plus dense et la plus proche de la capitale, afin de diriger le pays. Très rapidement, l'accaparement des responsabilités par des populations du Sud proches du premier président, François Tombalbaye, a entraîné de premières rébellions dans le Nord. Sans aucune marge de manœuvre, ce premier gouvernement, comme les suivants, n'aura d'autres alternatives que de durcir le régime, supprimer les quelques libertés démocratiques et installer une dictature dans l'ensemble du pays.
La France se maintient grâce à la guerre permanente
En conflit permanent, le pays devient d'autant plus facilement la proie des impérialismes. Incapable d'assurer son mandat, contraint de laisser des critiques se développer contre les réseaux de Foccart (l'homme de main du pouvoir gaulliste), Tombalbaye, lâché par la France, est tué lors d'un coup d'Etat en 1975 et remplacé par Félix Malloum, lui aussi issu du Sud. Celui-ci ne peut empêcher la structuration d'un vaste front de rébellion dans le nord (le « FROLINAT »), soutenu par la Libye de Kadhafi, qui cherche de longue date à étendre son emprise sur cette partie du pays.
Face au succès militaires du FROLINAT, et pour contrer l'installation d'un gouvernement pro-libyen sous la houlette de Goukouni Oueddei en 1979, l'impérialisme français change son fusil d'épaule. Il exploite des divisions au sein du nouveau gouvernement, issu du des rebelles du Nord, en s'appuyant, avec les Etats-Unis sur Hissène Habré contre Goukouni et les Libyens. La France met en place le dispositif Epervier : un millier de soldats et plusieurs escadrons français qui s'ancrent à N'Djamena. Au terme d'un conflit long et meurtrier durant les années 80, les Libyens sont défaits en 1987, et Habré, bon soldat pour le compte des Français mais chef de gouvernement peu fiable, est à son tour renversé en 1989 par un des ses ex-lieutenant, Idriss Deby, avec l'aide décisive de la DGSE, les services secrets français. Vingt ans plus tard, en 2008, Deby comme le dispositif militaire Epervier sont toujours en place.
Pour l'impérialisme français, c'est un relatif succès, avec le maintien du Tchad dans le pré carré, le recul des Libyens, et un chef de l'Etat aux ordres. Pour les masses tchadiennes, du nord ou du sud, c'est en revanche l'inverse, avec une terreur croissante, des exécutions, arrestations et tortures massives sous Habré puis Déby, des investissements limités aux armements, une misère croissante. Et Deby ne se maintient grâce à la chape de plomb qu'il a posé sur le pays avec le soutien français. Tous les indicateurs indiquent le Tchad comme l'un des cinq Etats les plus pauvres et les plus corrompus au monde.
Deby : une lente et douloureuse agonie réveillée par le Darfour
Pas plus que les dirigeants précédents, Deby n'a pas la légitimité ni la possibilité d'asseoir son pouvoir par la mise en place d'un gouvernement bourgeois stable et assurant le développement d'un capitalisme local, tchadien. Son pouvoir s'appuie, plus que jamais, sur la répression des masses et un clientélisme à base clanique de moins en moins efficace. En 2000, une première tentative de coup d'Etat est déjouée et violemment réprimée. Son régime se maintient à vue, à coup d'élections présidentielles grossièrement truquées et de réformes discrétionnaires de la Constitution, avec le soutien néanmoins constant des gouvernements français. Ainsi en mai 2004, Xavier Darcos, alors Ministre de la Coopération, indique à N'Djamena que « La France soutient la position du président Deby qui a été élu démocratiquement et par deux fois, elle salue le fait que l'Assemblée nationale, à une majorité supérieure à celle qui d'habitude soutient le gouvernement, a approuvé la révision de la Constitution », révision constitutionnelle tellement « démocratique » qu'elle permet un nombre illimité de mandats à la présidence du Tchad !
Le développement de la guerre du Darfour, à partir de 2003 (voir encadré), dans un contexte particulièrement complexe, va bouleverser la donne. Le Darfour se situe en effet à la frontière tchadienne et une partie des peuples qui le composent sont également présents au Tchad. C'est en particulier le cas des Zaghawas, violemment pourchassés au Soudan… et dont est issu Idriss Deby. En 1989, le mouvement armé qui va porter Deby au pouvoir s'est en effet structuré au Darfour, du côté soudanais, avec alors l'appui du gouvernement soudanais, et de son nouveau dirigeant, Omar El-Béchir. Les Zaghawas en forment la base principale et Deby donnera accès à nombre d'entre eux, suite à sa victoire, de vastes responsabilités, en particulier au sein de l'armée et de l'appareil d'État.
Les deux pays vont ainsi longtemps rester alliés, le gouvernement soudanais ayant contribué à porter Deby au pouvoir. Mais l'intensité de la guerre du Darfour vient modifier la situation : des centaines de milliers de réfugiés arrivent au Tchad, qui devient la base arrière vitale des mouvements rebelles du Darfour opposés à Khartoum. Et ils souvent dirigés par des Zaghawas. Deby est alors contraint de laisser les rebelles agir sur son territoire afin de ne pas se couper définitivement de sa base. Le gouvernement soudanais doit, à l'opposé, intervenir au Tchad pour démanteler les bases arrières rebelles et leur logistique militaire ; il doit pour cela chercher à défaire le régime de Deby.
Soudan : la guerre du Darfour
Plusieurs dizaines de milliers de morts, des millions de déplacés : c'est le bilan de la guerre opposant dans la région du Darfour des mouvements rebelles à des milices appuyées par le gouvernement du Soudan. Si le conflit prend appui sur des rivalités internes aux différents peuples du Darfour, exacerbées par la ruine progressive de leur paysannerie, il ne se résume pas à un soi-disant conflit interethnique. L'ampleur, la durée, la sauvagerie de cette guerre ne peut se comprendre sans impliquer l'intervention des intérêts impérialistes dans la région, en particulier la France, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la Chine. Leurs ambitions et leurs constantes rivalités ont joué un rôle déterminant, ici comme dans un autre conflit encore bien plus meurtrier et bien moins médiatisé, celui du Sud-Soudan, qui s'est éternisé durant plusieurs décennies au-dessus d'immenses concessions pétrolières.
Révoltes reviendra plus précisément dans un prochain bulletin sur les guerres du Darfour et du Sud-Soudan.
L'impérialisme français en étau au Darfour entre le Tchad et le Soudan
Pour l'impérialisme français, la guerre du Darfour est une catastrophe, non en raison des massacres et de la terreur qui s'abat sur la région, mais parce qu'elle réduit en miettes son système d'alliances dans la région. Il est en effet vital pour lui de conserver d'une part le Tchad dans son « pré carré », et d'éviter tous les troubles qui pourraient remettre en cause trop fondamentalement le régime de Deby sur lequel elle s'appuie. D'autre part, il lui faut aussi rester en terme « convenable » avec le gouvernement soudanais d'El-Béchir, indispensable pour espérer conserver le bénéfice de l'immense concession de pétrole - 120.000 km2, grande comme la Grèce ou l'Angleterre (!) - que Total détient au Sud-Soudan depuis 1980, et qui est régulièrement convoitée par les autres impérialismes.
Cette situation explique la fébrilité du gouvernement français. Le régime Deby, totalement moribond, subit des défections en masse dans son camp. Aussi en avril 2006, lorsque de maigres groupes rebelles, partiellement appuyés par le gouvernement soudanais, arrivent aux portes de la capitale, il faut le soutien logistique déterminant de l'armée française pour l'écraser. Mais celle-ci est contrainte de ne pas utiliser directement sa force militaire, comme elle en a l'habitude, afin de continuer à jouer sur tous les tableaux.
La stratégie de l'impérialisme français sera dès lors de trouver les moyens politiques pour intervenir directement sur place. Sarkozy, à travers son ministre Kouchner, cherche dans un premier temps à engager une ingérence « humanitaire », en instaurant des « corridors humanitaires », objectif pour lequel il convoque peu après son élection en juin 2007 une « conférence internationale sur le Darfour », qui se traduit par un fiasco total, le gouvernement soudanais n'y ayant même pas participé !
L'option militaire est alors favorisée : la France soutient à l'ONU la création de la MINURCAT (Mission des Nations Unies au Tchad et au Centrafrique), par l'adoption de la résolution 1778 en septembre 2007. Sous couvert « humanitaire », son mandat est clair : il s'agit notamment de « sélectionner, entraîner, conseiller et faciliter le soutien des éléments de la police tchadienne pour la protection humanitaire », « d'assurer la liaison avec l'armée nationale, les forces de gendarmerie et de police, la garde nationale nomade, les autorités judiciaires et pénitentiaires du Tchad et de la République Centrafricaine afin de contribuer à créer un environnement plus sûr ». La France se donne ainsi les moyens de rester un acteur central et incontournable au Tchad. En envoyant des militaires dans ce secteur stratégique, entre le Soudan et le Tchad, elle pourra contrôler les différentes rébellions à son avantage. Elle se place ainsi en situation de mieux peser dans les changements à venir, y compris l'inévitable remplacement de Deby. Quelques semaines plus tard, l'Union Européenne entérinera le déploiement au Tchad de l'EUFOR, une force militaire composée de contingents de différents pays européens.
L'impérialisme français parvient finalement à déployer l'EUFOR
Les plans de l'impérialisme français seront difficiles à mettre en œuvre. C'est d'abord l'affaire de « l'Arche de Zoé », où de pseudo-humanitaires français étaient sur le point de rafler des dizaines d'enfants avec « l'indifférence » des autorités françaises, et qui va temporairement ruiner la position de la France auprès des masses tchadiennes, en particulier dans les régions où les soldats devaient se déployer.
Ce sont ensuite les « partenaires » européens qui traînent les pieds, et plusieurs d'entre-eux refusent d'envoyer des soldats si c'est pour le seul intérêt de l'impérialisme français : le gouvernement allemand, pourtant engagé au Congo, fait ainsi savoir poliment « qu'il n'était pas capable d'y prendre part »… La couverture « européenne » de l'EUFOR devient une véritable mascarade : 2.100 des 3.700 soldats sont français ; son commandement est assuré par un général irlandais, mais basé au Mont Valérien à Paris !
Enfin, début 2008, quelques jours avant le déploiement officiel de l'EUFOR, les mouvements rebelles appuyés par le gouvernement Soudanais relance une offensive de la « dernière chance » sur N'Djamena pour renverser le régime Deby. Alors que le 2 février 2008, ils contrôlent une partie de la capitale, il faut encore une intervention aussi discrète que déterminante de l'impérialisme français pour les mettre en déroute et sauver à nouveau la peau de Deby - et sauver en conséquence le déploiement de l'EUFOR ! Le 14 février, le ministère de la Défense est contraint de reconnaître que « Les moyens français ont participé à l'acheminement de munitions destinées aux forces tchadiennes (…) Paris a fait jouer son accord de coopération logistique pour aider le Tchad à recevoir des munitions qui venaient d'autres pays que la France », en particulier de Libye de Kadhafi, ce nouveau « grand ami » de Sarkozy…
Une fois la situation stabilisée - c'est-à-dire une fois reprises la répression des masses (1700 maisons détruites et 10.000 personnes mises à la rue dans la capitale), les arrestations et les tortures d'opposants, le déploiement de l'EUFOR peut reprendre. En avril, 1.800 soldats sont déjà en place.
À bas l'intervention de l'EUFOR au Tchad !
Depuis plusieurs décennies, l'intervention de l'impérialisme France au Tchad ne contribue qu'à semer les armes et la misère dans le pays. L'intervention de l'EUFOR n'est que le dernier avatar de cette politique visant à prolonger une nouvelle fois sa main-mise sur la région. Solidaire des masses tchadiennes, les travailleurs et la jeunesse ne peuvent que refuser cette politique. Leurs organisations, partis et syndicats, peuvent et doivent soutenir ces mots d'ordre :
- À bas l'intervention de l'EUFOR au Tchad ! À bas le dispositif Épervier !
- Retrait de toutes les troupes françaises du Tchad et d'Afrique !
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